10/05/09

Bisbille au Pôle Nord... Récit de voyage

Un clip clin d'oeil pour ce récit de voyage au coeur du Nunavut...



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26/04/09

Récits de voyages extraordinaires


La WWF parraine une expédition scientifique innovatrice The Catlin Arctic Survey afin de déterminer l’espérance de vie de la calotte glaciaire de l’Arctique. De la fin février jusqu’à la fin de mai, une équipe de trois explorateurs Anglais extrêmement expérimentés séjourneront et voyageront à pied dans la région arctique afin de mesurer la densité de la glace du 80º au 140º, et ce, jusqu’au Pôle Nord.

Les explorateurs parcourront plus de 1000 kilomètres, pendant plus de 100 jours et prendront plus de 12 millions d’échantillons de la calotte glaciaire.

L’expédition actualisera de beaucoup les données pour la recherche scientifique et favorisera ainsi la précision et la cohérence des modèles actuels de recherche effectuées à l’aide d’ordinateurs. Plusieurs scientifiques prédisent la disparition totale des glaces arctiques d’ici 100 ans... ou 5 ans.

The Calin Arctic Survey constitue une part essentielle du travail effectué par la WWF dans l’Arctique visant à sensibiliser la population aux conséquences inimaginables de la disparition des banquises polaires et la nécessité de réduire l’émission des gaz à effet de serre.


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1. Ilustrations ; Martin Hatley. The Catlin Arctic Survey.




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18/04/09

Bisbille au Pôle Nord 8



Je fis signe à l’équipage de profiter de cette diversion impromptue qui se présentait à nous de façon si discourtoise. L’Oncle Pierre prit les guides de cette expédition côté cour côté banquise avec beaucoup d’élégance, je dois le dire. Aussitôt dit aussitôt partit, mon kiki… Je vis le groupe disparaître derrière moi en catimini.

Je demeurai seul avec cette évidence incontournable : L’obstacle était considérable ; cinquante pirates des Mers du Sud et un ours polaire aux canines admirables. Mille millions de tempêtes des tropiques ! L’heure est grave ! Le défi me sembla intéressant. Néanmoins, le temps nous pressait. L’action était de mise.

Au milieu de cette arène polaire improvisée, je toisai le monstre à bâbord. La bête était superbe et gigantesque. Je tentai une approche amicale, un dialogue de tout et de rien sur la pluie et le beau temps, histoire de jauger l’adversaire blanc à quatre pattes. L’important fut de tenir en respect les espèces de coupe-jarrets écervelés qui agissaient pour la solde de l’homme des cactus des pampas, encore et toujours invisibles, a ce stade de l’aventure. Le couard était de la lignée des traîtres de la pire espèce. Un matelot de fond de cale indigne de gouverner le moindre navire. Ses sbires lui obéissaient aveuglément pour le moment… Ne sait-on jamais?

Je réalisai soudainement aux murmures nuancés de la bête qui s’avançait vers moi que celle-ci était de nature particulièrement dangereuse en cette période de l’année. Dame ourse était mère, et ses petits oursons n’étaient point loin, tout cela est certain. Aussi, je trouvai navrant qu’elle me prenne pour un morse de passage, un éléphant de mer à la rigueur, mais bref, je trouvai terrain de causerie au sujet de ma présence sur son territoire de chasse. Je raclai le fond de mes pensées et surtout je préparai quelques vocalises, puis je lui lançai un premier vers de poésie gutturale :

-- Mrrrrrrrr…… Tuffff. Ouia ouiaouia.


L’approche eut de bons résultats. L’ourse se leva sur ses pattes arrière et me fit les yeux doux. Je devins rouge… je suis timide. Je compris que la dame du nord aimait la conversation et la danse. Elle s’avança doucement vers moi et entama une chanson de geste particulièrement charmante. Je remarquai les sbires à ma droite complètement abasourdis de ces comportements inattendus. Ils tremblaient de peur et se tenaient à bonne distance de nous. Ce préambule dépassait leur compréhension des choses animales. Ils n’avaient aucune imagination et surtout ne possédaient pas l’âme romantique.

J’entrepris une série de chants de gorge avec ma partenaire boréale. Elle s’approcha si bien de votre humble serviteur que je pus lui prendre la patte, puis les deux immenses pattes de devant pour mieux interpréter notre répertoire des hymnes à la nature. Ce fut un opéra de banquise incroyable ! Nos voix se mêlaient à merveille dans ce duo inoubliable. Je dandinai de bâbord à tribord tant et si bien que bientôt les chants s’effectuèrent avec pas de valse et de samba magiques.

Mine de rien nous intensifièrent les chants et les pas de danse. La scène polaire devint de plus en plus vaste. Bientôt, nous passâmes devant le groupe des sbires en pâmoison devant cet exercice. Nous tournâmes autour des pirates… puis nous les encerclâmes. Le rythme de la danse devint infernal. Nous dansâmes autour des trublions pendant plusieurs minutes sans nous arrêter.

Au bout de quinze minutes et deux secondes, les sbires avaient disparu…

Les malandrins étaient ensevelis sous la calotte glaciaire d’un îlot polaire inventé par notre danse «Ode au pôle Nord»….


À suivre…


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1. Illustration: Passage difficile au Nunavut…





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02/04/09

Chants de bord: Chants à hisser





Ce sont sans doute les plus prenants et les plus caractéristiques des chants de marins. L’effort à fournir pour hisser une voile étant trop considérable pour rester soutenu, il doit être appliqué avec ensemble et par à-coups. L’expérience a montré que le chant permet de mieux se coordonner, et fournit dans les cas difficiles un «coup de rein» supplémentaire ; en fait, les chants à hisser n’étaient utilisés que par mauvais temps à bord des grands navires à gréement carré. Aucun témoignage précis de l’existence de tels chants à bord des caboteurs ou des Terre-Neuvas n’a pour l’instant été recueilli.

On peut facilement les reconnaître, car la structure de la mélodie est presque toujours la même :
-- Un solo d’un vers
-- Un refrain court chanté par le chœur
-- Un autre solo
--Un deuxième chœur
Le chasse-marée. Hors série.

La revue trimestrielle le Chasse-marée nous offre une compilation fascinante de plusieurs chants de bord transmis par les marins de façons surtout orale depuis des siècles et des siècles. Ces chansons de bord expriment depuis toujours le quotidien des marins. Chants à hisser, chants à virer ou chants de guindeau… Toutes les chansons de bord nous transportent sur les mers du monde.

Évidemment, le capitaine connaît plusieurs chants de bord, et ce, dans plusieurs langues. Il peut vous éveiller par un chant à hisser des côtes de la mer de Chine, vous convier à dîner par un chant à virer du Cap Horn ou bien vous faire danser sur un chant à danser de la Nouvelle-Guinée…

Pour le moment, je vous souhaite bonne écoute !

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1. Illustrations: Musée de Saint-Malo; Dessin de Stan Hugill.






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25/02/09

Bisbille au Pôle Nord 7




Par plus de moins cinquante-sept degrés Celsius à l’ombre du soleil de minuit de l’île d’Ellesmere, je n’avais pas le goût de pavoiser davantage sur la pluie et le beau temps. J’étais d’humeur difficile, voire susceptible de sombrer rapidement dans les joies d’une petite colère bien méritée… Par ce temps polaire, je rêvai d’un igloo propre et douillet, d’un repas sommaire chaud ou froid servi sans cérémonie par mes amis les Innus autour d’un feu de brindilles de saule quelque part entre le village de Grise Fiord et le Nord légendaire. Je désirais la tranquillité d’esprit et de corps pour tout l’équipage avant l’heure du départ de la grande expédition vers le Pôle Nord…

Je m’apprêtai au combat malgré plusieurs réticences personnelles. Je n’avais pas le choix de créer un passage vers le nord au centre de ses importuns visiteurs. Outrageusement, les sbires me barraient la route. Je devais donc prendre parti avant l’heure du souper sur la banquise: foncer droit devant ou contourner l’obstacle ? Je devais opter pour la meilleure décision de l’heure. À l’évidence, les malandrins ne portaient pas de gants blancs. Je devais donc agir au plus vite et faire en sorte que tous les membres de mon équipage se retrouvent sains et saufs sous les abris de nos amis les Innus.

Derrière moi, les cent quarante-six habitants de l’île Ellesmere observaient les étranges pirates qui une fois de plus osaient se pavaner comme des rois sur leurs terres de glace. Depuis leur arrivée sur cette terre avec leur ignoble commandant, ils avaient fait preuve d’une grande ignorance des mœurs des gens du pays. La courtoisie n’était pas à leur menu du jour.

Je m’attendais à ce que leur chef fasse preuve de courage et se montre le bout du nez. Je fus déçu. Le traître demeura invisible tout le long de cette mise en scène destinée à nous intimider. Exaspéré par ce prélude qui ne menait à rien de positif, je décidai de mettre un terme à ce quiproquo :

-- Tout le monde derrière moi. Je me charge de la marche en avant. Messieurs, je vous avais prévenu, je ne suis pas d’humeur à la rigolade. Laissez-nous passer !

-- RRRRRROOOOARRRRD !

Un cri suspect et inattendu déchira l’atmosphère déjà tendue. Je crus reconnaître la voix d’un homme des neiges ou quelque chose du genre. Je n’arrivai as à définir la source de ce chant bestial. Les chiens de traîneaux se mirent à aboyer fortement invitant les maîtres à quitter les lieux au plus vite. Je cherchai du regard le responsable de ce cri démentiel. Au bout de quelques minutes, je compris l’astuce :

-- RRRROOOOARDDD !
-- À tribord tout! capitaine. Deuxième obstacle droit devant !

La bête était immense. Il fonçait droit sur nous. Je compris que nous devions filer au plus vite en direction opposée. Tous les voyageurs se blottirent dans les traîneaux à chiens. Je désirai profiter de cette confusion entre les pirates et cet incroyable ours polaire pour quitter cet endroit de malheur. Je dirigeai l’expédition hors de tous dangers…

Je demeurai seul entre les deux cents pirates et l’ours de l’enfer du Nord.

À suivre

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1. Illustration: Robert Bateman. Ours.




04/02/09

Bisbille au Pôle Nord 6


L’île d’Ellesmere était devant nous. Nous avions dérivé dans la mer jusqu’à cette terre sévère, mais hospitalière. Le petit avion qui survola notre navire effectuait un vol anodin de reconnaissance. Ce hasard, cette rencontre des Dieux de la mer et du ciel nous permirent de mettre un terme à cette situation catastrophique.

Le territoire tant recherché se profilait devant nous. Les portes du Pôle Nord s’ouvraient à notre pauvre équipage. Nous étions sains et saufs, mais drôlement amochés. Le moral des troupes n’avait rien de réjouissant. Le Marsouin I gisait à tribord… La moitié de mon voilier était carbonisé. Les dégâts étaient considérables. J’entrevis de longues réparations à l’agenda. Ce programme inévitable me parut extrêmement difficile à réaliser en plein hiver polaire.

Qui plus est, notre mission vers le Pôle Nord était menacée par le climat terrible du Nunavut. J’avais promis à Robert mon assistance dans ses projets. Néanmoins, je devais d’abord et avant tout penser à la sécurité de tout l’équipage. Ce qui incluait celle de notre nouvel ami. Je n’avais nullement l’intention de l’encourager à poursuivre une entreprise vouée à l’échec si la conjoncture de ce voyage vers son rêve s’avérait trop périlleuse.

Voilà pour la sagesse et les bonnes intentions du capitaine.

Pendant que je distribuai mes ordres au quartier-maître et que monsieur Washington tentait de panser les brûlures d’Oncle Pierre, des cris familiers résonnèrent au loin. Je reconnus rapidement le langage de mes amis, les Innus. Les irréductibles habitants du froid se rendaient à notre rencontre. Alertés par la fumée qui émanait du Marsouin I, ils avaient rapidement rassemblé leurs attelages et lancé leurs fabuleux chiens de traîneaux vers nous.

Bientôt, les aboiements des chiens se firent rassurants. Bobby, le chien de Robert se mit à courir dans tous les sens sur le pont. À l’évidence, le quadrupède se réjouissait d’un tel accueil. Après 36 jours d’hivernage dans les glaces, le fier animal avait rudement envie de se dégourdir les pattes avec ses semblables, et surtout de se mettre au travail !

Mille millions de tempêtes des tropiques ! Il me sembla que tout le village était venu à notre secours. Plus de 50 robustes Innus nous encerclèrent. Leurs chiens s’arrêtèrent près du navire, fiers de leur découverte. Sans perdre une seule seconde, j’invitai le groupe sur le navire, enfin ce qu’il en restait de mon noble voilier. Aussitôt, une délégation impressionnante nous encercla et se mit à nous saluer de cordiale manière.

Je conclus rapidement une entente avec le chef du village. Nous avions besoin de nous restaurer et de nous reposer avant d’entreprendre les recherches concernant les infâmes pirates qui nous avaient mis dans cette horrible situation.

Je confiai la garde du Marsouin I à Monsieur Cenfaçons, puis je guidai tout le reste de l’expédition vers le village de nos hôtes. Le long cortège de traîneaux à chiens se mit en branle dans l’immensité glaciale de l’île d’Ellesmere. Nous naviguions sur cette terre de glace depuis peu lorsque soudain…

Surgit l’ombre d’une troupe de malabars. Bientôt, devant nous, je pus entrevoir les mines patibulaires de cent sbires inconnus qui sans nul doute se préparaient à nous faire des misères. Les malandrins s’avancèrent sans vergogne vers nos attelages….

Mille millions de tempêtes des tropiques ! Il faisait froid. Moins 75 degrés Celsius! Il faisait noir ! Dame lune était en noir! Je n’avais pas le temps de faire des exercices de quoi que ce soit ni de civilités avec ces importuns. Bref, je n’étais pas d’humeur à causer de tout et de rien sur la banquise… Je me pointai hors du traîneau et je toisai le groupe avec intensité…

-- Messieurs, je suis un peu pressé par le temps et l’humidité. Je refuse votre amitié. Aussi, allons droit au but. Il va y avoir combat !

À suivre…


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1. Illustration: L’Alabama. Naufrage. 1864. Chicago Historical Society.
2. Illustration: Robert Peary et ses chiens.




22/01/09

Chansons de bord... Capitaine Hayet




Depuis toujours, sur toutes les mers et les océans du monde, les marins ont chanté leurs rêves, leurs espoirs et leurs aventures…

Un des plus grands collectionneurs de chants de marins ou chants de bord fut le capitaine Armand Hayet. En 1927, il publia aux éditions Éos son recueil, Chants de bord. Grâce à la passion, la persévérance et la précision de ce capitaine, nous pouvons consulter ces documents extraordinaires.

Bonne écoute.


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1. Illustration: Capitaine Armand Hayet
2. Illustration: Capitaine Armand Hayet. Chansons de bord. 1927